—Et moi, fit Régulus, elle me traite presque en criminel. C'est ainsi qu'on est souvent récompensé quand on veut rendre service.
—Ne lui en veuillez pas, monsieur. Je tâcherai de la faire revenir sur ses préventions.
—Je ne l'espère guère. En tout cas, je me tiens, toujours à votre disposition, madame, et prêt à exécuter les dernières volontés de mon ami. Je vais rentrer à Paris; quand vous aurez besoin de moi, vous n'aurez qu'à m'écrire un mot, et j'accourrai.
—Je vous remercie, monsieur. Je vais tout expliquer à Laurence, ce qui vous a amené, ce que vous m'avez appris relativement à la trahison dont on avait accusé M. de Brécourt, et peut-être en voyant que vous êtes venu pour justifier son fiancé d'une infâme calomnie, reviendra-t-elle à de meilleurs sentiments. Je tâcherai de lui faire comprendre qu'elle ne doit pas laisser son fils sans nom, qu'elle risque ainsi d'entraver son avenir. Enfin je ferai de mon mieux pour quelle apprécie davantage l'acte chevaleresque que vous êtes disposé à accomplir en souvenir de l'amitié que vous portiez à un homme indigne pour moi d'une telle affection.
—Je vous suis bien reconnaissant, madame, de vos bons sentiments à mon égard, mais je doute, après avoir vu et entendu mademoiselle de Frémilly, que vous arriviez à un bon résultat. En tout cas, moi, j'aurai fait mon devoir.
L'astucieux personnage s'apprêtait à se retirer.
Madame de Frémilly dit:
—Il faut que je m'occupe de cette femme dont vous avez dévoilé les indignes manoeuvres. Je vais envoyer l'ordre de la chasser avec son fils du château de Marconnay, où elle ne doit pas demeurer plus longtemps.
—Je pourrai, dit Régulus, me charger de la lettre, que je mettrai à la poste à Paris, afin qu'on ne découvre pas en voyant le timbre le lieu de votre retraite.
—C'est vrai, dit madame de Frémilly, je n'y avais pas songé. Si vous voulez attendre quelques minutes, je vais faire la lettre et vous prierai de me rendre ce petit service.