Elle ne pouvait se mêler à cette discussion dont elle ignorait l'origine et le but, arrêter les injures sur les lèvres de ces hommes, qui, devant elle, et pour elle, ou du moins pour sa petite-fille, se menaçaient du regard, du geste et de tout leur être à la fois.

Ce Régulus avait donc menti, comme le disait M. Mareuil, et s'il avait menti, quel but poursuivait-il, quel but intéressé, obscur, abominable, sans doute?

De quel infernal complot avaient-ils été victimes, et Jacques et sa petite-fille elle-même?

Quel misérable en avait été l'âme, avait tout dirigé, tout conduit?

Déjà on lui avait menti, et cet homme qu'elle avait sous les yeux le lui avait dit lui-même,—on lui avait menti quand on lui avait dit que Jacques de Brécourt avait une maîtresse, qu'il continuait de fréquenter pendant qu'il faisait la cour à Laurence, un enfant qu'il abandonnait.

Si on lui avait menti encore en lui disant qu'il s'était accusé d'avoir abusé de sa fiancée, qui devait-elle croire?

Laurence avait été souillée, Laurence était devenue mère.

Si Jacques était innocent, quel était le coupable?

Et comment M. Mareuil savait-il que Jacques était innocent?

Toutes ces pensées, en tumulte, comme des flots qui se précipitent, se rencontrent, se brisent et hurlent, tourbillonnaient dans la pauvre tête de la malheureuse femme, affaiblie et endolorie par des émotions de tous genres.