—Sans me voir?
—Sans voir personne, à prier et à me purifier d'une involontaire souillure, et au bout de cette année, Jacques, si vos sentiments n'ont pas changé, si l'oubli est venu pour vous et a apporté en votre coeur une paix que ne pourra plus troubler le passé, eh bien! je serai à vous, je serai à vous avec bonheur et pour toujours. Si, ce délai écoulé, je ne vous revois pas, c'est que tout sera fini et je rentrerai dans mon cloître pour n'en plus sortir. Telle est ma volonté. Et si vous m'aimez véritablement, vous n'essayerez pas de la combattre. Je partirai demain.
Laurence tendit la main à son fiancé.
Et celui-ci la saisit avec emportement pour la couvrir de baiser éperdus.
—Séparés encore!
Il suppliait.
Et c'est à peine s'il put prononcer ces paroles:
—Dans un an donc.
—Puis, surmontant son chagrin, il ajouta d'une voix plus raffermie:
—Dans un an vous me retrouverez tel que je suis, Laurence, vous aimant toujours.