—Une autre femme?

—Qu'il allait voir en sortant de chez toi, en sortant de te faire des serments qu'il lui avait déjà faits à elle.

—Oh! grand'mère, je ne croirai jamais cela!

—C'est cette femme qui est venue, que j'ai vue, cette femme aimée de M. de Brécourt.

—Et si elle vous avait menti, grand'mère?

Pour toute réponse, madame de Frémilly sortit de son sein la photographie que la visiteuse lui avait remise.

Laurence la fixa un instant de ses yeux hagards, comprit, et tout son sang sembla se tarir dans ses veines. Elle devint si pâle que sa grand'mère crut qu'elle allait s'évanouir de nouveau et s'élança pour la recevoir dans ses bras. Mais Laurence ne perdit pas connaissance, cette fois.

Elle se raidit, continua à regarder l'image avec une expression horrifiée. Toute sa foi l'abandonnait, et toutes ses illusions s'effeuillaient.

On eût dit que son coeur, ouvert à l'amour, au bonheur, s'était refermé soudain et desséché comme une tendre fleur qu'un vent aride vient de brûler.

Elle ne croyait plus à rien, puisqu'elle avait été trompée par lui, par lui qu'elle mettait au-dessus de tous les hommes, à qui elle attribuait toutes les vertus, dans lequel elle avait eu foi comme en Dieu lui-même.