—Vous devriez bien,—insinuai-je,—m’emmener avec elles...»
Elle releva sa taille de princesse chimérique, et, fixant sur moi ses yeux d’un bleu changeant, ses yeux qui charmeraient les bêtes de l’Apocalypse, elle répondit:
«Pourquoi pas? Si vous voulez. Qu’est-ce que vous serez?
—Porte-bouquets. N’en aurai-je pas ma charge?»
L’INTERDICTION DE «THERMIDOR»
28 janvier 1891.
Comme on ne parlait, hier, à Paris, que de sifflets à roulette, de clefs forées et de pommes cuites dont les provisions faites dans la journée devaient être dirigées, le soir, vers le Théâtre-Français, j’ai voulu, dans l’après-midi, aller prendre un peu l’air de ce côté-là...
En montant les premières marches de l’escalier de l’administration, j’entends une voix de cuivre qui sonne et je hume une forte odeur de poudre. Je continue à monter. Arrivé sur le palier du premier étage, je reconnais dans un groupe assez nombreux: Coquelin aîné, Jean Coquelin, Laugier, Villain, Mesdames Fayolle, Bartet, Reichenberg, etc. et, adossé à la rampe du palier, M. Georges Laguerre, député. Je demande à un huissier à voir M. Claretie; j’apprends que M. l’administrateur-général est, depuis midi, en grande conférence fermée avec M. Victorien Sardou et avec M. Larroumet, directeur des Beaux-Arts.
Je prends le parti d’attendre, d’autant plus volontiers que, sur ce palier, où je fais les cinq pas, la conversation du groupe continue, et que les voix montent, et que, sans indiscrétion, presque malgré moi, j’entends toutes les choses que je voulais savoir. Pourquoi ne les répéterais-je pas?
M. Laguerre.—Vous savez qu’il y a cent cinquante siffleurs loués pour ce soir?