Ses tournées sont fructueuses. En Europe, raconte son impresario, elle fait des salles de 16.000 francs, en Amérique, elle «vaut» 35.000 francs par soirée. Elle dépense l’argent comme elle le gagne. Elle a des villas et des pied-à-terre aux quatre coins de l’Europe et même en Amérique: à Londres, à Rome, à Venise, à New-York.
Détails particuliers: la Duse ne peut pas supporter les parfums, ni les bijoux—ni les importuns. Les journalistes—pas tous, espérons-le—sont ses bêtes noires.
Lors de son dernier séjour à Copenhague, les reporters danois ont dû imaginer des «trucs» pour épier tous ses mouvements: l’un d’eux, improvisé cocher, a conduit sa voiture de la gare à l’hôtel; un autre, prenant la place d’un garçon, lui a servi son dîner; un troisième, déguisé en cordonnier, lui a pris mesure d’une paire de chaussures; trois autres, l’entrée des coulisses du Folketheâtre étant interdite formellement aux personnes étrangères, ont pu se faire engager comme machinistes et prendre ainsi des notes particulières.
On a vu, pourtant, qu’elle sait, au besoin, faire des exceptions.
C’est ce soir son début! Aujourd’hui, c’est donc son dernier grand jour de fièvre. Mais Mme Sarah Bernhardt lui a prédit un grand succès. Il faut l’en croire, car elle s’y connaît.
DU MAQUILLAGE A LA PEINTURE
14 février 1897.
Bientôt s’ouvrira dans les galeries Bernheim jeune, rue Laffitte, l’exposition de peintures, sculptures, miniatures, dessins, etc., uniquement réservée aux artistes de tous les théâtres et aux musiciens de tous les pays, et qui sera faite au profit de l’Œuvre des artistes dramatiques et de l’Orphelinat des Arts.
Un Comité s’était organisé à cet effet, qui a à sa tête Mme Sarah Bernhardt comme présidente, M. Max Bouvet, de l’Opéra-Comique, comme vice-président, et MM. Albert Lambert fils et Gaston Bernheim jeune comme secrétaires.
Cette exposition sera une surprise!