Et dans les Paysages métaphysiques:

Le bleu du ciel pâlit. Comme un cygne émergeant
D'un grand fleuve d'azur, l'Aube, parmi la brume,
Secoue à l'horizon les blancheurs de sa plume
Et flagelle l'air vif de son aile d'argent...

Et plus loin:

Luisante à l'horizon comme une lame nue,
Sur le soleil tombé la mer en se fermant
De son sang lumineux éclabousse la nue
Où des gouttes de feu perlent confusément...

Cette aube qui est un cygne, ce soleil qui est un dieu décapité, et bien d'autres images que je pourrais citer..., alors que M. Armand Silvestre avait ces visions, est-ce qu'il n'était pas, spontanément ou par artifice, dans un état d'esprit aussi approchant que possible de celui des anciens hommes quand, essayant d'exprimer dans leur langue incomplète les phénomènes de la nature, ils créaient sans effort des mythes immortels? Par malheur, d'aucuns croiront que, lorsque je compare à Valmiki l'auteur des Contes grassouillets, je ne saurais parler bien sérieusement.

II

C'est pourtant avec le plus grand sérieux que «la bonne femme Sand» écrivait à propos des Sonnets païens:

C'est l'hymne antique dans la bouche d'un moderne, c'est-à-dire l'enivrement de la matière chez un spiritualiste quand même, qu'on pourrait appeler le spiritualiste malgré lui; car, en étreignant cette beauté physique qu'il idolâtre, le poète crie et pleure. Il l'injurie presque et l'accuse de le tuer. Que lui reproche-t-il donc? De n'avoir pas d'âme. Ceci est très curieux et continue, sans la faire déchoir, la thèse cachée sous le prétendu scepticisme de Byron, de Musset et des grands romantiques de notre siècle, etc.

Elle n'a pas trop l'air de s'entendre, la vieille Lélia; mais enfin elle admire son filleul. Hélas! qu'aurait-elle pensé si elle avait pu lire les Mesaventures du commandant Laripète?

Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé