C'est un cercle sans fin sous le ciel monotone,
Et bien des cœurs lassés les trouvent ressemblants,
Les oiseaux du printemps, les oiseaux de l'automne,
Les jours des cheveux noirs et ceux des cheveux blancs.
La pensée et le désir de la mort reviennent presque à chaque page. Maintenant que Tellier n'est plus, cette préoccupation me frappe étrangement. Voici quelques vers de son Prélude:
Mon âme à soi-même ravie
N'attend plus rien des biens du sort.
—Qui donc es-tu?—J'aimais la vie.
—Quel est ton nom?—J'aime la mort...
Stupide et laid parmi les roses,
Je me subis injustement.
Je veux m'enfuir au sein des choses
Pour oublier mon noir tourment.
Oh! chanter la mélancolie
Des bois jaunis, des flots vermeils,
Et coucher ma face pâlie
Au lit étroit des grands sommeils!
Je sais, moi, que ce ne sont point là jeux de rimes, que Tellier était aussi sincère qu'on peut l'être en parlant ainsi. Voilà son vœu accompli. Il eut la plus haute intelligence, et la plus aiguë: il était poète et écrivain à un degré éminent; il était capable de traduire le songe de la vie de façon à embellir la vie des autres hommes,—et il est mort. La Nature est une grande gâcheuse. C'est qu'elle a l'éternité devant elle et qu'elle ne sait pas à quoi elle travaille.
Ma cousine, ayez une pensée compatissante et une prière pour cette pauvre âme.
G..., 7 juin.
Ma chère cousine,