—Je ne suis point de trop? demanda Truphêmus.
—Oh! reprit Aloysius en s'adressant au jeune homme, je n'ai plus de secrets pour mon compagnon.
Franz n'était pas sans éprouver quelque embarras. Ce qui le surprenait le plus, c'est que sa bien-aimée dépendît, par lien de famille ou autrement, de l'un de ces deux êtres peu séduisants.
—L'un de vous, dit-il enfin, est sans doute le père d'une charmante, d'une adorable jeune fille qui habite cette maison?
—C'est moi, dit Aloysius.
—Eh bien! monsieur, je viens, en honnête homme, vous demander la main de votre fille. Je me nomme Franz Kerry, je suis riche, ma position est indépendante, et tout le bonheur de ma vie est entre vos mains…
Il allait continuer, mais il en fut empêché par un fait bizarre. Aux premiers mots de sa demande, Truphêmus avait serré les bras et fermé les yeux, puis de petits cris stridents, ressemblant à des sifflements, avaient commencé à s'échapper de sa poitrine. Une sorte de grondement sourd avait ronronné dans la gorge d'Aloysius. Ces deux sons s'étaient mariés, dans une tonalité différente, avaient grandi… ç'avait été tout à coup une explosion… Les deux savants riaient, riaient. Le ventre de Truphêmus s'enflait et se désenflait comme une outre sur laquelle eût bondi un clown; tout le corps d'Aloysius tressautait et se heurtait en ses diverses parties comme un jeu de castagnettes multiples…
Et Franz les regardait, interdit, hébété, se demandant ce qu'il y avait de si violemment gai dans le fait d'un amant de l'infini demandant à s'unir à la plus belle création des forces naturelles…
Mais, patient, il attendit. Quelques paroles commençaient à s'échapper des lèvres haletantes des deux savants.
—En mariage! disait Aloysius.