La chambre dans laquelle j'avais laissé la pauvre Mary mourante était située au premier étage; je montai rapidement.

Il était alors quatre heures du matin.

Je poussai la porte avec un battement de coeur qui me faisait mal. Et cependant j'espérais encore.

Le tableau qui frappa mes regards était bien fait pour augmenter l'émotion dont j'avais peine à me rendre maître.

La pièce où je pénétrais était très spacieuse, haute de plafond: le parquet était couvert d'un tapis dont la couleur sombre faisait ressortir la blancheur des murs et la teinte pâle des meubles de bambou et des rideaux.

Le lit se trouvait au milieu de la chambre, adossé au mur: c'était une sorte de divan bas et large. Les draps étaient rejetés au pied, et le corps de la jeune femme, comme tordu violemment sur lui-même, pendait à demi, les bras en arrière. La tête était tournée vers le matelas, les admirables cheveux blonds formaient une sorte de touffe retombante aux reflets dorés…

Puis, dans un coin auprès de la fenêtre, une masse accroupie dans laquelle je ne pouvais distinguer aucune forme. Je m'approchai. La masse fit un mouvement, puis une tête se redressa: c'était Edwards.

Je constatai, à la couleur terne du regard, à l'impassibilité des traits, que le malheureux ne se rendait pas compte de ce qui se passait autour de lui…

Je compris alors que le plus urgent était de donner des soins, s'il en était temps encore, à la pauvre femme.

Je la relevai vivement et appelai la domestique pour m'aider.