D'autant que le matin même deux incidents s'étaient produits qui n'avaient pas peu contribué à réveiller les inquiétudes de M. Lépine.
D'abord, c'était un pauvre ivrogne qui, dans la nuit, avait trouvé le moyen de s'introduire dans l'enclos, imprudence qu'il avait payée très cher. Car, s'étant évidemment approché de l'appareil, il avait été trouvé à quelques pas, inerte, comme mort.
On avait dû le transporter d'urgence à l'hôpital voisin, mais malgré tous les soins qui lui avaient été prodigués, il restait plongé dans un coma qui faisait craindre pour sa vie.
—Ah çà! lui dit M. Lépine, est-ce que votre Vrilium aurait la prétention de ressusciter les morts!
—Pas tout à fait, répliqua Sir Athel en souriant; mais je crois bien que tant qu'il existe, dans un corps organisé, une étincelle de vie, si petite soit-elle, le Vrilium la galvanise et lui rend toute sa vigueur. Ainsi, je l'ai essayé sur des animaux qui paraissaient morts de froid, ayant été enfermés dans des caisses de glace. Ils ne donnaient plus aucun signe de vie. Le Vrilium les a ranimés et les animaux ont ressuscité sans même donner signe de malaise.
—Décidément vous êtes un magicien....
—Oubliez-vous que l'on affubla de ce nom les alchimistes d'autrefois qui, votre Berthelot l'a démontré, n'étaient que des précurseurs, ayant eu le seul tort d'arriver trop tôt....
Le second fait qui avait attiré l'attention du préfet avait une certaine gravité. Un des principaux fonctionnaires de la Préfecture de la Seine, M. Gérards, auteur d'études très intéressantes sur le Paris souterrain, était venu le trouver de grand matin et, plaçant des graphiques sous ses yeux, lui avait démontré que le sol, le tuf sur lequel reposait le terrain de la rue des Carrières-d'Amérique, avait été reconnu, à la suite d'explorations malheureusement restées incomplètes, comme offrant des caractères tout particuliers d'instabilité.
Déjà, on en avait acquis la preuve par les précédents éboulements, assez fréquents dans cette région. Il était grandement à craindre que les opérations qu'on se proposait en amenassent de nouveaux.
—Nous devons avouer, avait ajouté M. Gérards, que nous ignorons absolument quelle est la nature des terrains sous-jacents, et, de quelques observations qui me sont personnelles, je crois pouvoir déduire qu'ils reposent sur des couches absolument anciennes, quaternaires et peut-être même tertiaires, ainsi qu'en témoigne la découverte de certains ossements fossiles.