Alors il n'hésita plus: il fit jouer les ressorts de la porte et se pencha sur le seuil, avançant dans les ténèbres la torche minuscule qui répandit des flots de lumière.
Athel avait devant lui une caverne, une grotte très spacieuse, dont l'ossature était faite de pierres énormes, tassées, encastrées les unes dans les autres, donnant la sensation d'une solidité inébranlable.
Il ne voyait pas distinctement le sol: regardant prudemment à ses pieds, avant de franchir le seuil, il s'aperçut qu'entre le vriliogire et le terrain de la caverne, s'étendait un espace vide, large de plus d'un mètre.
Il pencha le jet de lumière, et il lui sembla qu'il y avait là un abîme très profond, dans lequel ses regards ne distinguaient rien. Au delà de cet intervalle était le sol de la caverne qui lui parut fait d'une voûte peu épaisse, comme d'une croûte de ciment qui aurait recouvert un espace creux au-dessous.
Cependant cette sorte de carapace était d'apparence solide. Décidé à tout, Athel prit son élan, franchit l'espace vide et se trouva debout, sain et sauf, sous la haute voûte de la caverne.
L'air y était épais, lourd, presque suffocant, avec un relent de moisissure qui écœurait.
Mais on n'en était pas à s'émouvoir de ces détails. Athel éprouvait comme une sensation de libération. N'avait-il pas ressenti cette crainte, inavouée à lui-même, qu'il resterait séquestré, inhumé dans le vriliogire transformé en cercueil! La mort lente, horrible, dans l'immobilité et l'asphyxie.
Jamais touriste en face de l'espace, du ciel, des bouquets d'arbres, des vastes paysages, n'éprouva joie plus intense que celle de notre bon savant, enveloppé de tous côtés d'une calotte de pierre, avec, sous les pieds, un abîme sans fond? Preuve nouvelle de la relativité des jouissances humaines!...
Et Sir Athel, emporté par son enthousiasme, s'écria:
—Vive la vie!... Vive la science!