Sans répondre, le geôlier ferma la porte, puis s'approchant de Jacques, il souleva son bonnet, d'où s'échappa une chevelure hirsute, presque sauvage:

—Monsieur de Costebelle, dit-il, me reconnaissez-vous?

Jacques le regarda attentivement.

—Pierre Lamalou! s'écria-t-il.

—Oui, Pierre Lamalou, dit le geôlier, qui vous a vu tout petit, pas plus haut que ça, et qui est désespéré...

—Mon brave, que veux-tu? c'est la guerre. Je suis le vaincu et je paye ma dette.... J'ai fait mon devoir, comme d'autres le feront après moi...

—Oui, oui, je sais, fit l'homme en secouant tristement la tête. Ils disent comme ça que vous êtes un rebelle et qu'il faut faire un exemple.... Moi, je sais que vous êtes bon et que vous ne pouvez avoir voulu que le bien.

—Mon ami, reprit Jacques, la sympathie d'un honnête homme comme toi sera ma meilleure et dernière consolation.

—Attendez, fit Lamalou.

Il se pencha vers la porte et parut écouter attentivement au dehors. On n'entendait aucun bruit.