—Par qui?

—Par cette misérable femme qui se fait appeler madame de Torrès.

Marie l'arrêta d'un geste.

—Donc, ce jeune homme n'est pas un inconnu pour vous. Pour moi, je l'avais quelquefois rencontré dans le monde, et une sympathie singulière m'avait attachée à lui....

Elle passa sur ses yeux sa main fine et aristocratique.

—Pourquoi ai-je dit singulière? Non... vous qui savez tout mon secret, ne comprenez-vous pas que Martial avait vingt ans, c'est-à-dire l'âge de ce fils... que la mort du martyr qui assiste, muet témoin, à nos entretiens, a fait orphelin?...

Elle s'était à demi tournée vers le portrait suspendu derrière son fauteuil.

—Oui, continua-t-elle d'une voix sous laquelle on devinait des larmes, il est quelque part, errant à travers le monde, suivi par une fatalité terrible, un jeune homme qui, ainsi que Martial, s'est peut-être efforcé de conquérir à coups de volonté la place qui lui appartient.... Peut-être, lui aussi, pleure-t-il et tend-il les bras vers le ciel avec désespoir!

Sir Lionel et Archibald s'étaient levés:

—Nous avons juré que nous le retrouverions.