—Mourir!... s'écria-t-il. Oui, je voulais mourir!...

Il se redressa d'un violent effort.

—Et de quel droit m'a-t-on contraint de vivre? fit-il avec un accent de colère désespérée.

—Vous allez le savoir, dit Lamalou.

Le calme de cet homme surexcitait l'exaltation de Martial. En ce moment, tout le passé lui revenait à l'esprit, avec ses douleurs, avec ses tortures. Il se jeta à bas de son lit.

—Je veux partir! dit-il. Livrez-moi passage!

Lamalou se tenait devant lui, immobile et le sourire aux lèvres.

—Mon bon monsieur, reprit-il avec son flegme ordinaire, vous m'avez demandé deux choses: la première, c'est—où vous êtes; la seconde,—de quel droit on vous a sauvé... Or, voici que maintenant, sans attendre la réponse, vous voulez vous sauver.

Debout, Martial promenait ses regards autour de lui. Les murs étaient nus; la chambre était d'une simplicité monastique. Nul indice ne venait éclairer son ignorance. Et malgré lui il se laissait saisir par une curiosité qui grandissait à chaque instant. Certes, la jeunesse est prompte à espérer comme à désespérer. En elle, tout est excessif, et à vingt ans on court à la mort avec la même exaltation qui vous entraînerait à travers la vie. Toute impression se décuple de par la force même de la jeunesse. Voici que les dernières paroles de Lamalou avait donné un autre cours aux pensées de Martial. Il était saisi par le désir de percer le mystère qui l'entourait.

—Eh bien, répondez-moi! dit-il brusquement.