—Cependant, continua sir Lionel, je suis autorisé à vous demander communication des révélations que vous jugiez devoir faire, et, après que je les aurai transmises à nos frères, ils décideront.

Armand parut hésiter; puis:

—Sir Lionel, dit-il d'un accent à peine perceptible, je crois être certain que le père de ce malheureux jeune homme a été assassiné en Indo-Chine... et que j'ai moi-même assisté à ses derniers moments. Déjà la ressemblance de Martial avec la victime de ce crime m'avait profondément frappé... maintenant c'est une certitude qui s'impose à moi...

—Je crois, reprit sir Lionel, qu'il est préférable de connaître en sa totalité le manuscrit de Martial avant de lui faire cette révélation, qui, au moment présent, me paraîtrait prématurée.

Armand baissa la tête en signe d'adhésion.

—D'autant plus, continua l'Anglais, que vous pouvez être le jouet d'une illusion, d'une erreur...

—Oh! c'est impossible! L'homme qui est mort entre mes bras, au Cambodge, était bien le père de ce jeune homme. Et cependant, je m'incline devant votre décision, j'attendrai!

Pendant ce court colloque, Martial avait relevé la tête. Absorbé dans ses pensées, il n'avait pas suivi les diverses péripéties de cet incident et n'avait pas compris le sens de l'interruption.

—Continuez, fit Armand, s'adressant à M. de Thomerville.

Et celui-ci reprit sa lecture: