—Avez-vous compris, maintenant? Comment! voilà un gars qui est ouvrier... pour de bon... qui est mon neveu... et qui n'a jamais travaillé avec nous... et vous êtes assez bêtes pour parler devant lui!...
—Nous ne l'avions pas vu, hasarda Goniglu.
—Je le croyais ivre-mort! fit Dioulou, qui se sentait atteint, lui aussi, par le reproche de Biscarre.
—Enfin, passons... c'est une imprudence qui aurait pu vous coûter cher.... Maintenant, les Loups, un dernier mot!... Ce que je vous ai dit est vrai, j'ai besoin de vous...
—Ah! bravo!... Enfin!...
—Quand vous vous plaignez, c'est que justement vous ne comprenez rien à la vraie façon de procéder. Parbleu! si je voulais vous lancer dans des opérations à quatre sous, où vous risqueriez votre peau... ça ne serait pas difficile, et ça vous rapporterait comptant le bagne ou l'échafaud.... Je vous ai promis de vous faire riches, je tiendrai ma promesse...
—Vive le Bisco!...
—Moi, dit Goniglu attendri, j'irai vivre dans mon pays...
—Et tu deviendras fonctionnaire du gouvernement, c'est entendu!... En attendant, mes Loups, prenez patience... Pour vous y aider, voici d'abord une vingtaine de jaunets qui vous permettront de vous requinquer un peu....
Il jeta sur la table une poignée de pièces d'or. Les bandits se jetèrent sur cette proie.