Au nombre de ces conspirations, l'une des moins connues est la tentative du capitaine Vallé, qui eut lieu à Marseille et dans le Var, au début de l'année 1822.

Nous n'entrerons pas dans les détails de cette affaire, qui, d'ailleurs, resta à l'état de projet inexécuté et que la trahison arrêta dès ses débuts.

Sur la dénonciation d'un des affidés de la Charbonnerie, les meneurs avaient été arrêtés avant toute exécution, et la cour d'assises, réunie extraordinairement à Toulon, avait traduit à sa barre les officiers désignés à la vengeance du gouvernement des Bourbons.

Déjà, la veille, le capitaine Vallé avait été condamné à mort. Aujourd'hui, les juges avaient à statuer sur le sort de plusieurs de ses complices dont le nom avait été retrouvé sur une liste qu'il avait lacérée et jetée au vent lors de son arrestation, mais dont la police avait su retrouver et rapprocher les débris.

Le principal accusé portait un nom bien connu dans le pays. Jacques de Costebelle appartenait à une des plus anciennes familles des environs d'Hyères, et les sympathies qu'il inspirait s'augmentaient encore de cette circonstance que, se dégageant des préjugés de sa caste, Jacques était connu pour un des apôtres les plus dévoués de la liberté.

De plus, par une sorte de fatalité terrible, le président des assises était un des plus anciens amis de son père.

M. de Mauvillers tenait entre ses mains la vie de celui qu'il avait été habitué à considérer en quelque façon comme son fils.

Depuis la mort du marquis de Costebelle, Jacques avait presque constamment vécu au château d'Ollioules, qu'habitait le magistrat. Depuis deux années seulement, par suite de dissentiments politiques, une rupture avait eu lieu, et M. de Mauvillers avait interdit sa maison au fils de son ancien ami.

Jacques, livré à lui-même, n'avait pas hésité à se consacrer tout entier à l'œuvre de délivrance qu'il jugeait juste et bonne.

A peine âgé de vingt-cinq ans, il avait au cœur le dévouement ardent, complet, profond, la religion du bien et l'acceptation du sacrifice.