—Un dernier mot, ajouta encore Archibald: il est bien entendu que je vous laisse absolument libres, si le désir vous en prend, de vous mêler à la conversation qui va avoir lieu. Je ne veux en rien peser sur votre volonté. Vous êtes mes hôtes, c'est-à-dire les maîtres d'agir comme il vous plaira.

Une sorte de grognement inquiet lui répondit: il l'interpréta sans doute comme un acquiescement, car, sans plus attendre, il sonna. Un laquais entra.

—La personne que j'attends est-elle arrivée? demanda-t-il.

—Oui, monsieur le marquis.

—Priez-la de monter.

Nos deux amis—selon une expression bizarre—n'en menaient pas large. Quel était le personnage inconnu qui allait surgir tout à coup? Nous ne jurerions pas que les dents de Goniglu ne claquassent pas un peu.... Les deux paires d'yeux étaient fixées sur la porte, avec une tenacité facile à comprendre.... Et voilà que tout à coup cette porte s'ouvrit... et dans l'encadrement, entre les tentures que le laquais tenait soulevées... apparut.... Qui? quoi?... Un gendarme! Oui, un gendarme, un vrai gendarme, en chair et en os, avec son chapeau en travers, avec ses buffleteries jaunes, avec ses bottes, avec son sabre... avec tout, enfin! Nos ancêtres les Gaulois ne craignaient que la chute du ciel.... La chute du ciel! quelle amère plaisanterie à comparer à cette fantastique évocation!... Le gendarme se tenait au port d'armes, respectueux, la main au chapeau.... Nous devons rappeler à nos lecteurs qu'à l'époque où se passe notre récit, la gendarmerie opérait même dans Paris...

—Eh bien! mon brave, fit Archibald, quelles nouvelles?

—Nous sommes sur la trace, monsieur le marquis...

—Ah! c'est au mieux!... et vous pensez que les deux bandits...

—Nous les aurons pincés avant huit jours...