—Vous serez mon sauveur. Car, voyez-vous, monsieur Mancal, il y a longtemps que je lutte... il faut en finir, et je dois songer à ma famille...

—Ces sentiments vous honorent. Adieu, cher monsieur, ou plutôt au revoir....

Le père de famille se décida, sur un congé ainsi formulé, à se retirer non sans avoir répété:

—Songez-y bien. Le pain de mes enfants dépend de vous.

Resté seul, Mancal alla vivement vers la porte, et tira le verrou. Puis il toucha au ressort qui indiquait à qui de droit que nul ne devait le venir déranger. Ensuite il se dirigea vers un large coffre-fort, lourdement installé au milieu d'un panneau. Un nouveau ressort étant mis en mouvement fit tourner sur elle-même la masse de fer, et Mancal se trouva en face de son caissier. Il aperçut Dioulou:

—Toi ici!...

—Chut! fit celui-ci en mettant le doigt sur ses lèvres. C'est urgent...

—Viens!

Tous deux se retrouvèrent dans le cabinet de Mancal.

—Grave? demanda-t-il à voix basse.