—Bernaye!... l'autre frère!... cria Biscarre. Pardieu! le Club des Morts est venu tout entier se livrer à moi....
D'un geste brusque, il abaissa son arme. Mais avant qu'il eût tiré, une épouvantable détonation retentit. Les pierres, en tombant, avaient brisé plusieurs fioles remplies de mélanges chimiques qui s'étaient subitement enflammés. Il y eut un horrible vacillement. La flamme, en une seconde, remplit la masure de bois. Biscarre avait reculé; il était maintenant dans la première pièce, protégé contre ses ennemis par une barrière de feu.
—En avant! cria de Bernaye.
Droite avait saisi le corps de son frère et l'avait entraîné au dehors. Bernaye, d'un bond, franchit les flammes; mais à ce moment, les poutres ébranlées tombèrent avec fracas. Bernaye, frappé, tomba. Quand il se releva, la porte était ouverte. Biscarre fuyait sur le quai.
—Droite! Gauche! cria Bernaye. Chassons la bête fauve!...
Les deux frères étaient là. L'air vif de la nuit avait subitement dissipé l'ivresse passagère de Gauche. On apercevait l'ombre de Biscarre courant sur le quai.
—En avant! cria encore Armand.
Tous trois s'élancèrent sur ses traces. Les deux frères étaient alertes et vigoureux. C'était une étrange chasse à l'ombre. Mais voici qu'une lueur éclaira tout à coup la scène.... C'était la maison du vieux Blasias qui brûlait. Déjà des maisons voisines les cris: «Au feu!» se faisaient entendre. Les dernières bonbonnes du laboratoire éclataient avec un bruit semblable à la détonation d'armes à feu.
Un ruisseau étincelant coulait sur le quai.
—Archibald!... Lionel!... fit tout à coup Armand.