Le juge insistait:

—Songez bien à ce que vous faites, disait-il. De tous les crimes de Biscarre, le plus atroce est le meurtre cruel qu'il a commis sur cette femme, que vous aimiez. C'était votre ami, votre compagnon, et il a torturé celle à laquelle vous aviez donné votre affection. Torturé... vous entendez bien. C'est par lui que cette malheureuse a souffert les plus effroyables angoisses qu'il puisse être donné à la nature humaine de subir.

—Taisez-vous! criait Dioulou....

—Quand elle se tordait dans les affres de la mort, elle vous adjurait de punir son bourreau....

—Mais taisez-vous donc!

—Avez-vous bien entendu tous les détails de cette scène atroce? Il l'attache sur son lit, il la bâillonne, il lui fait un bûcher de toutes les matières inflammables qui tombent sous sa main, puis, après y avoir mis le feu, il s'enfuit lâchement, tandis que derrière lui l'incendie fait son oeuvre, que la flamme mord et ronge la chair de cette créature humaine.

Les coups tombaient redoublés, terribles, sans relâche, sur le coeur de Diouloufait, sur son cerveau.

Il se sentait devenir fou.

C'était en lui une horrible lutte. Devant ses yeux passaient des lueurs sanglantes: il lui semblait entendre la Brûleuse qui râlait:

—Dioulou! venge-moi!...