Et, dans la salle des morts, tout redevient obscur et silencieux.


[XI]

[LES ASSISES ROUGES]

Dans le chapitre précédent, nous avons décrit rapidement certains locaux dépendant de l'Hôtel-Dieu. Mais depuis trente ans, de grandes modifications ont été accomplies.

Les fosses de charnage ne sont plus à l'Hôtel-Dieu, les cuisines ont été montées au rez-de-chaussée, la buanderie a été transférée à la Salpêtrière; les basses-oeuvres de l'édifice ont été complétement abandonnées par les hommes.

Quelque latitude que le lecteur laisse à l'imagination du romancier, cependant il importe de se bien persuader que, dans la plupart des cas, cette imagination est grandement servie par les faits eux-mêmes.

Les documents que nous avons consultés pour reconstituer le drame dont les Loups de Paris furent les sinistres acteurs, décrivent minutieusement les souterrains qui, de temps immémorial, s'étendaient sous le vieil hôpital, et qui, passant sous le fleuve, reliaient l'Hôtel-Dieu aux Châtelets.

Mais pour qu'aucun doute ne subsiste, nous demandons la permission d'invoquer le témoignage d'un chercheur et d'un érudit, M. Louft, qui, dans son Paris historique (1874), a raconté en ces termes une visite faite par lui dans ce que nous appellerons les catacombes de l'Hôtel-Dieu.

Ces catacombes étaient ou plutôt sont situées au-dessous des cagnards dont nous avons parlé.