Le malheureux balbutiait.
—Je vais te les rappeler, dit le président. L'article 7 dit: Le Loup doit à l'association franchise absolue: il lui est enjoint de livrer sans hésitation tout renseignement qui lui est demandé, alors même que les informations réclamées de lui compromettraient un parent, fût-ce son père ou sa mère, un ami, si intime qu'il lui fût, dût enfin sa vie propre être mise en péril par ses aveux... Diouloufait, quand tu as prêté serment, le maître t'a-t-il donné lecture de cet article?...
—Oui! oui! je me souviens!... j'ai juré....
Dioulou semblait faire des efforts surhumains pour reprendre possession de ses facultés.
Maintenant il savait où il se trouvait.
Il connaissait ce tribunal sinistre, parodie sanglante de la justice humaine. Il se souvenait d'exécutions mystérieuses qui avaient suivi ses arrêts.
Devant cette Sainte-Vehme du crime, Dioulou reprenait peu à peu toute son énergie.
Comment était-il tombé entre les mains des Loups? Il l'ignorait encore. Mais que lui importait? Ne savait-il pas que la terrible association des forçats et des bandits possédait, pour arriver à un but fixé d'avance, des moyens qui le plus souvent déjouaient toutes les précautions prises par ceux qui auraient tenté de lui échapper?
On l'a déjà compris: l'homme qui s'était présenté à l'Hôtel-Dieu sous le nom de James Wolf n'était autre qu'un des plus habiles affiliés des Loups. C'était celui qui maintenant siégeait au fauteuil présidentiel.
Pendant les courts instants qu'il avait passés auprès du lit de Dioulou, et sous prétexte d'examiner la conformation de son crâne, il l'avait soumis à une intoxication rapide dont le résultat avait été une léthargie semblable à la mort.