Il ne comprenait pas qu'aucune promesse n'était nécessaire. En cet homme, sevré depuis si longtemps de tout ce qui était sa joie, il y avait une puissance plus forte que tout espoir de récompense: c'était l'orgueil.

Exupère se sentait en présence d'un de ces problèmes que nul ne pouvait résoudre, nul, sinon lui, lui qu'on avait volé, qu'un misérable, gavé de tous les honneurs de la terre, avait dépouillé de ce qui était la chair de sa chair, le sang de son sang.

Tout à coup, une pensée sinistre traversa son cerveau:

—Qui vous envoie? demanda-t-il d'une voix étranglée.

—Que t'importe! dit Biscarre, qui ne devinait pas le sentiment qui avait dicté cette question.

—Ah! c'est lui!

Biscarre se souvint. Dans sa pensée, le travail venait de s'opérer rapide. Maintenant il savait. Exupère se croyait en butte encore une fois à l'une des obsessions dont l'académicien l'avait si longtemps poursuivi.

Exupère parlait:

—Ainsi, vous m'avez cru assez niais pour fournir à ce misérable ignare l'occasion d'un triomphe... parbleu! c'est clair!... Cette inscription est tombée entre ses mains, le diable sait comment!... et il s'est dit: Il n'y a qu'un homme au monde qui puisse me la traduire, c'est cet imbécile d'Exupère... Ha! ha! je suis muet!...

Biscarre lui prit la main.