»Ces notes donnaient des indications qui semblaient se rapporter au trésor.

»Chose bizarre, ces indications visaient, non le pays des Khmers, mais la France, mais Paris.

»Il semblait évident qu'une partie tout au moins du trésor avait été transportée en France et enfouie sans doute dans quelque recoin de Paris. Nos Européens n'hésitèrent pas. Ils se croyaient sûrs, sinon d'obtenir un succès complet, en somme d'être rémunérés de leurs peines et payés de leur crime.

»Ils revinrent à Paris, et les recherches commencèrent.

»Mais là où ils comptaient trouver des coffres remplis d'or et de pierreries, ils ne rencontrèrent que des blocs de pierre informes et qui, pour eux, en raison de leur ignorance, n'avaient aucune valeur.

»Vous savez tous, continua Biscarre, avec quelle persévérance j'ai organisé à Paris une police occulte qui surprend les secrets les mieux cachés, et je vous le demande, Loups de Paris, quand tout à l'heure vous écoutiez les accusations ridicules et intéressées dirigées contre moi, oubliiez-vous donc les sommes énormes que j'ai fait tomber dans la caisse du bagne, et en est-il un seul de vous qui n'ait eu sa part de ce gâteau royal?»

Biscarre s'interrompit, et promena sur ceux qui l'écoutaient son regard dur et puissant.

Il paraît que, dans le monde des bagnes, les choses se passent de la même façon que dans la société régulière.

Les affiliés qui écoutaient Biscarre, membres du conseil suprême ou simples délégués, appartenaient à ce que nous appellerions, si nous l'osions, l'aristocratie des forçats. Tout au moins, c'en était l'oligarchie.

Et tandis que la vile plèbe, les Muflier, les Goniglu (paix à leur cendre), le Truard et autres se plaignaient de rester sans un écu en poche, l'aristocratie en question menait vie large et satisfaite.