Il la reçoit dans ses bras... et pousse un cri:
Il a reconnu celle qui naguère se trouvait auprès du grabat sur lequel expirait la misérable Brûleuse.
Celle qu'il vient de sauver au péril de sa vie, c'est Pauline de Saussay.
Il ne l'a vue qu'un seul moment, alors que fou de douleur, il baissait la tête sous les insultes que lui jetait à la face celle qui se tordait dans les angoisses de l'agonie.
Mais c'était à cause d'elle surtout qu'il s'était enfui, devant elle qu'il n'avait pas voulu rougir, expliquer que parmi tous ces noms prononcés, noms de bandits et d'assassins, il en était qui se trouvaient fatalement liés à sa vie.
Et voici que maintenant, tandis que, docile, le cheval restait immobile, voici que Pauline de Saussay appuyait sur sa poitrine sa tête languissante. Il voyait ce visage pâle et doux, à l'ovale angélique, ces grands yeux bleus à demi fermés qui semblaient noyés dans les larmes....
Jacques sentit son coeur se serrer sous une étreinte convulsive....
Qu'elle lui semblait belle!... Oui, c'était bien un parfum de pureté et de bonheur qui s'échappait de toute sa personne. Le frémissement de terreur qui l'agitait encore faisait vibrer les fibres les plus intimes du coeur de Jacques....
La seconde jeune fille arrivait au galop, accompagnée du domestique, qui l'avait enfin rejointe....
C'était Louise de Favereye.