A M. le duc de Belen,
Avec prière de remettre à M. le comte de Cherlux.
Son premier mouvement fut de la remettre à Jacques, mais tout à coup une pensée surgit en lui.
—Qui donc pouvait écrire à Jacques? De Belen croyait se rappeler vaguement avoir déjà vu cette écriture. Où? dans quelles circonstances?...
Jacques, après avoir parlé, s'était plongé dans ses réflexions, cherchant à découvrir un fil conducteur dans le dédale où il se perdait.
Une idée sinistre traversa le cerveau de Belen. Si encore une fois Jacques n'était qu'un habile comédien!... Certes, ce n'étaient pas les scrupules qui pouvaient arrêter de Belen, l'assassin du père de Martial. Il regarda Jacques, dont les regards n'étaient pas tournés de son côté. Après tout, de Belen pouvait, si cette lettre n'indiquait rien de grave, la lui remettre en rejetant son indiscrétion sur sa préoccupation. Il rompit résolument le cachet.
Un cri rauque s'échappa de sa poitrine, et s'élançant vers Jacques:
—Misérable! cria-t-il, nierez-vous encore votre infamie?
—Quoi? Que voulez-vous dire? fit Jacques, arraché subitement à ses rêveries et se dressant comme sous la détente d'un ressort.
—Il y a, monsieur l'habile homme, que vous auriez dû au moins avertir vos complices d'être moins imprudents....
—Mes complices!...