L'une, c'était la marquise de Favereye, toujours vêtue de noir, avec son beau visage pâli qui semblait taillé dans le marbre; avec elle, deux jeunes filles: l'une, aux cheveux blonds lissés en bandeaux, qui rendaient plus doux encore son regard chaste et charmant; l'autre, brune aux yeux noirs.
C'était Lucie de Favereye et une de ses amies d'enfance, Pauline de Saussay, orpheline, pour laquelle la marquise était une seconde mère.
Comment la marquise se trouvait-elle là?
Déshéritée de toute joie, portant toujours dans son coeur la terrible douleur que Biscarre lui avait infligée, la marquise cherchait à endormir ses tortures en faisant le bien, en se dévouant sans cesse à ceux qui souffraient.
Déjà nous l'avons vue organisant une association dont le but était de combattre le mal et le crime.
Mais ce n'était pas tout. Jamais soeur de charité n'eût été plus active, plus habile à consoler ceux qui pleuraient, à réparer, autant que le peut faire la richesse, les désastres qui si souvent viennent frapper les pauvres.
Dès qu'elle avait appris l'incendie de la rue des Arcis, elle s'était hâtée de s'y rendre, accompagnée des deux jeunes filles. Déjà elle avait distribué des secours, du linge, de l'argent, et c'était sur son passage des bénédictions sans nombre.
Enfin, elle venait vers cette malheureuse, espérant qu'elle pourrait lui apporter, sinon un soulagement, tout au moins quelques suprêmes consolations.
Jacques avait tressailli, en proie à une émotion dont il ne comprenait pas la nature.
Madame de Favereye s'était arrêtée sur le seuil, regardant ce jeune homme, aux traits mâles et nobles et au front duquel la souffrance semblait avoir déjà posé son stigmate.