D'aucuns étaient heureux de chercher noise à notre directeur, qui jouait sa suprême carte, étant arrivé aux derniers mois de son privilège. Peines inutiles: Gailhard devait reprendre peu de temps après le sceptre directorial de notre grande scène lyrique, où je le retrouvai associé à E. Bertrand, lors de l'apparition de Thaïs, dont je parlerai.
A ce propos, quelques vers du toujours si spirituel Ernest Reyer me reviennent à la pensée. Les voici:
| Le «Mage» est loin, «Werther» est proche, |
| Et déjà «Thaïs» est sous roche; |
| Admirable fécondité... |
| Moi, voilà dix ans que je pioche |
| Sur le «Capucin enchanté». |
Il vous étonne, mes chers enfants, de n'avoir jamais vu jouer cette œuvre de Reyer. En voici le sujet raconté par lui-même, avec un sérieux des plus amusants dans l'un de nos dîners mensuels de l'Institut, à l'excellent restaurant Champeaux, place de la Bourse.
«Acte premier et unique!
«La scène représente une place publique; à gauche l'enseigne d'une taverne fameuse. Entre par la droite un capucin. Il regarde la porte de la taverne. Il hésite; puis, enfin se décide à en franchir le seuil, dont il referme la porte. Musique à l'orchestre si l'on veut. Tout à coup, on voit ressortir «le capucin... enchanté... enchanté certainement de la cuisine!»
Le titre de l'ouvrage vous est donc expliqué; il ne s'agit nullement de l'enchantement féerique d'un pauvre capucin!!!