Je venais de voir jouer au Théâtre-Français trois actes, d'une allure toute nouvelle, qui m'avaient fort intéressé. C'était le Chérubin, de Francis de Croisset.

J'étais, deux jours après, chez l'auteur, dont le talent très remarqué n'a cessé de s'affirmer hautement depuis, et je lui demandais la pièce.

Il me souvient que ce fut par un jour de pluie, à l'issue de la glorieuse cérémonie qui nous avait réunis devant la statue d'Alphonse Daudet qu'on inaugurait, en revenant par les Champs-Élysées, que nous établîmes nos accords.

Le titre, le milieu, l'action, tout me charmait dans ce délicieux Chérubin.

J'en écrivis la musique à Égreville.

En prononçant le nom de cette chère petite ville, oasis de paix et de tranquillité parfaite dans ce beau département de Seine-et-Marne—vous savez, mes chers enfants, qu'elle abrite la vieille demeure de vos grands-parents—mes pensées se reportent aussitôt vers les souvenirs qui s'en échappent, vers ceux que vous voudrez conserver quand nous ne serons plus là...

Ces arbres vous rappelleront que c'est la main de vos grands-parents, qui vous auront tant aimés, qui a dirigé leurs ramures pour en dispenser l'ombre contre les rayons du soleil et vous apporter leur douce et tendre fraîcheur dans les étés brûlants.

Avec quelle joie nous les avons vus croître, ces arbres! Nous pensions tant à vous, en admirant leur lente et précieuse croissance!

Vous voudrez les respecter, ne point permettre à la hache de les frapper! Il semble que les blessures que vous leur feriez arriveraient jusqu'à nous, par delà la mort, nous atteindraient dans la tombe, et vous ne le voudrez pas!...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .