En cette terre qui semble un paradis, si chaude et si colorée, en ce jardin des Hespérides qu'aucun dragon jaloux ne garde, dans ces transparences et dans ces clartés, il nous apparaît en vérité comme le roi du Soleil.
FUNÉRAILLES DE M. E. FRÉMIET
MEMBRE DE L'INSTITUT
Le jeudi 15 septembre 1910.
Discours de Massenet, président de l'Institut.
MESSIEURS ET CHERS CONFRÈRES,
Un deuil immense vient de frapper l'Institut!... Il a perdu l'un de ses membres les plus illustres! C'est, de nouveau, l'Académie des Beaux-Arts où la mort impitoyable a cherché sa victime!
Frémiet, notre grand Frémiet n'est plus!... Notre désolation en est profonde, elle nous laisse inconsolables!...
Enfant de Paris, de ce Paris qu'il aimait tant et dont il fut l'orgueil, la renommée d'Emmanuel Frémiet eut tôt fait de franchir les limites de sa patrie, pour rayonner de son pur éclat dans le monde entier.
Ses œuvres, considérables par leur nombre et leur diversité, lui survivront, portant l'empreinte de son talent génial. Elles laisseront un sillon lumineux dans l'histoire de la sculpture française.
Éloigné de toute prétention, il avait, quand il le fallait, le sourire qui sait faire valoir et aimer la pensée créatrice. Il avait un don merveilleux de l'à-propos et de la mesure.