CHAPITRE VI
LA VILLA MÉDICIS
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Quels inoubliables moments pour de jeunes artistes qui échangeaient leurs enthousiasmes pour tout ce qu'ils voyaient dans ces villages d'un si délicieux pittoresque, disparu très certainement aujourd'hui!
Nous logions dans des auberges primitives. Je me souviens qu'une nuit j'eus la sensation assez inquiétante que mon voisin du grenier allait incendier la pauvre masure; Falguière, de son côté y crut aussi.
Pure hallucination. C'était le ciel criblé d'étoiles à la lumière scintillante, qui se montrait à travers le plafond délabré.
En passant par les bois de Subiacco, la zampogna (sorte de cornemuse rustique) d'un berger lança une bouffée mélodique que je notai aussitôt sur un chiffon de papier prêté par un bénédictin d'un couvent voisin.
Ces mesures devinrent les premières notes de Marie-Magdeleine, drame sacré auquel je songeais déjà pour un envoi.
J'ai conservé le croquis que Chaplain fit de moi, à ce moment-là.
Ainsi que d'ancienne date, les pensionnaires de la Villa Médicis y sont habitués pendant leur séjour à Naples, nous allâmes loger casa Combi, vieille maison donnant sur le quai Santa-Lucia. Le cinquième étage nous en était réservé.