—Le pape, dont les trésors surpassent aujourd'hui les plus énormes trésors, ne peut-il donc, avec son argent plutôt qu'avec celui des pauvres fidèles, élever une seule église, la basilique de Saint-Pierre?
—Que remet, que donne le pape à ceux qui, par la contrition parfaite, ont droit à la rémission plénière?
—Loin de nous tous ces prophètes, qui disent au peuple de Christ: La paix, la paix; et ne donnent point la paix.
—Loin, bien loin, tous ces prophètes qui disent au peuple de Christ: La croix, la croix; et ne montrent point la croix.
—Il faut exhorter les chrétiens à suivre Christ, leur chef, à travers les peines, les supplices et l'enfer même; de sorte qu'ils soient assurés que c'est par les tribulations qu'on entre dans le ciel, et non par la sécurité et la paix, etc.»
Ces propositions, négatives et polémiques, trouvaient leur complément dans les thèses dogmatiques que Luther publia presque en même temps[r11]:
«L'homme ne peut pas naturellement vouloir que Dieu soit Dieu. Il aimerait mieux être Dieu lui-même, et que Dieu ne fût pas Dieu.
—Il est faux que l'appétit soit libre d'aller dans les deux sens; il n'est pas libre, mais captif.
—Il n'y a en la nature, par devant Dieu, rien que concupiscence.
—Il est faux que cette concupiscence puisse être réglée par la vertu de l'espérance. Car l'espérance est contraire à la charité qui cherche et désire seulement ce qui est de Dieu. L'espérance ne vient pas de nos mérites, mais de nos passions qui effacent nos mérites.