Pendant que Luther était à Augsbourg, il fut souvent prié de prêcher dans cette ville, mais il refusa constamment, avec civilité; il craignait que le légat ne crût qu'il le ferait pour le railler et le braver.

Luther dit en s'en retournant d'Augsbourg: «Que s'il avait quatre cents têtes, il voudrait plutôt les perdre toutes que de révoquer son article touchant la foi.»—«Personne en Allemagne, dit Hutten, ne méprise plus la mort que Luther.»

Dans la Protestation qu'il rédigea après ses conférences avec Caietano, il offrit à celui-ci d'exposer ses opinions dans un mémoire, et de les soumettre au jugement des trois universités de Bâle, de Fribourg (en Brisgaw) et de Louvain; même, si on le demandait, au jugement de l'université de Paris, «estimée de tout temps la plus chrétienne et la plus savante.»

Lettre de Luther à l'électeur de Saxe pour se défendre contre les accusations du cardinal Caietano. (19 novembre 1518.) «Une chose m'afflige vivement, c'est que le seigneur légat parle malicieusement de votre Grâce électorale comme si je me fondais sur elle en entreprenant toutes ces choses. Il y a de même des menteurs parmi nous qui avancent que c'est d'après l'exhortation et le conseil de votre Grâce que j'ai commencé à discuter la question des indulgences; et cependant il n'est personne, parmi mes plus chers amis, qui ait été instruit d'avance de mon dessein, excepté messeigneurs l'archevêque de Magdebourg et l'évêque de Brandebourg...»

[a15] Page 44, ligne 2.—Examiner l'affaire par des juges non suspects...

Les légats se réduisaient cependant à demander qu'on brûlât les livres de Luther. «Le pape, disaient-ils, ne veut pas souiller ses mains du sang de Luther.» (Luth. opera, II.)

[a16] Page 46, ligne 4.—Miltitz changea de ton...

En 1520, les adversaires de Luther s'étaient divisés en deux partis, représentés par Eck et Miltitz. Le premier, qui a disputé publiquement contre Luther, croit son honneur et sa réputation de théologien engagés à obtenir une rétractation formelle de Luther ou sa condamnation par le pape comme hérétique. Eck pousse aux mesures violentes. Miltitz, au contraire, qui est l'agent direct du saint-siége, voudrait concilier les choses. Il accorde tout à Luther, parle comme lui, même de la papauté, et ne lui demande que le silence.

Le 20 octobre 1520, il écrit que, si Luther s'en tient à ses promesses, il le délivrera de la bulle, qui ne doit avoir son effet que dans quatre mois. Le même jour il écrit à l'Électeur pour lui demander de l'argent afin qu'il ait de quoi envoyer à Rome pour se faire, près du pape, des patrons pour combattre les malicieuses délations et les honteux mensonges d'Eck contre Luther. Il l'invite à écrire lui-même au pontife, et à envoyer aux jeunes cardinaux, parens du pape, deux ou trois pièces d'or à son effigie et autant en argent afin de se les concilier. Enfin il le supplie de lui continuer sa pension et de lui donner à lui-même quelque chose; car ce qu'il avait reçu, on le lui a volé.

Le 14 octobre, il écrit que Luther consent à se taire si ses adversaires veulent garder le silence. Il promet que les choses n'iront pas comme l'espèrent Eck et sa faction, il engage encore l'Électeur à envoyer quarante ou cinquante florins au cardinal quatuor Sanctorum (Seckendorf, l. I, p. 99.)