[a22] Page 52, ligne 26.—Aucun d'eux plus éloquemment que lui.....

Il écrivait le 29 novembre 1521 aux Augustins de Wittemberg: «Je sens chaque jour combien il est difficile de déposer les scrupules que l'on a conservés long-temps. Oh! qu'il m'en a coûté de peine, quoique j'eusse l'Écriture de mon côté, pour me justifier par-devant moi-même de ce que seul j'osai m'élever contre le pape et le tenir pour l'Antichrist! Quelles n'ont pas été les tribulations de mon cœur! que de fois ne me suis-je pas opposé avec amertume à cet argument des papistes: «Es-tu seul sage? Tous les autres se tromperaient-ils, se seraient-ils trompés depuis si long-temps? que sera-ce si tu te trompes et que tu entraînes dans ton erreur tant d'âmes qui seront éternellement damnées? Ainsi je me débattais avec moi-même, jusqu'à ce que Jésus-Christ, par sa propre et infaillible parole, me fortifiât et dressât mon cœur contre cet argument, comme un rivage de rochers, dressé contre les flots, se rit de toutes leurs fureurs...» (Luth. Briefe, t. II, p. 107.)

[a23] Page 56, ligne 28.—Il se fondait alors sur saint Jean...

«Il faut procéder dans l'Évangile de saint Jean, d'après un tout autre point de vue que dans les autres évangélistes. L'idée de cet évangile, c'est que l'homme ne peut rien, n'a rien de soi-même, qu'il ne tient rien que de la miséricorde divine... Je le répète, et le répéterai: Celui qui veut s'élever à une pensée, à une spéculation salutaire sur Dieu, doit tout subordonner à l'humanité du Christ. Qu'il se la représente sans cesse dans son action ou dans sa passion, jusqu'à ce que son cœur s'amollisse. Alors qu'il ne s'arrête pas là, qu'il pénètre et pousse plus loin la pensée: ce n'est pas par sa volonté, mais par celle de Dieu le Père, que Jésus fait ceci et cela. C'est là qu'il commencera à goûter la douceur infinie de la volonté du père, révélée dans l'humanité du Christ.»

[a24] Page 60, ligne 5.—On s'arrachait ses pamphlets...

Le célèbre peintre Lucas Cranach faisait des gravures pour les opuscules de Luther. (Seckendorf, p. 148.)

[a25] Page 61, ligne 2.—Si quelque imprimeur apportait du soin aux ouvrages des papistes, on le tourmentait...

De même à Augsbourg. La confession d'Augsbourg fut imprimée et répandue dans toute l'Allemagne avant la fin même de la diète; la réfutation des catholiques dont l'Empereur avait ordonné l'impression, fut remise aux imprimeurs, mais ne parut pas. Aussi Luther, reprochant aux catholiques de ne pas oser la publier, appelle cette réfutation, un oiseau de nuit, un hibou, une chauve-souris (noctua et vespertilio). (Cochlæus, 202.)

[a26] Page 61, ligne 7.—Luther avait fait appel à la noblesse.

«A sa Majesté impériale et à la noblesse chrétienne de la nation allemande, le docteur Martin Luther. (1520.)