[a41] Page 118, ligne 9.—(Fin de l'extrait du livre contre Henri VIII.)

Cette réponse violente scandalisa, comme Luther le dit lui-même, un grand nombre de ses partisans. Le roi Christiern l'engagea même à écrire à Henri VIII, qui, disait-il, allait établir la réforme en Angleterre. La lettre de Luther est très humble: il s'excuse en disant que des témoins dignes de foi, l'ont assuré que le livre qu'il avait attaqué n'avait pas été composé par le roi d'Angleterre: il lui offre de chanter la palinodie (palinodiam cantare).—(1er septembre 1525.)

Cette lettre ne produisit aucun effet. Henri VIII avait été trop vivement blessé pour revenir. Luther en fut pour ses avances. Aussi, disait-il quelques mois après: «Ces tyrans, au cœur de femme, n'ont qu'un esprit impuissant et sordide; ils sont dignes d'être les esclaves du peuple. Mais, par la grâce de Christ, je suis assez vengé par le mépris que j'ai pour eux et pour Satan leur dieu.» (fin de décembre 1525.)

Thomas Morus, sous le nom de Guillaume Rosseus, prit, contre Luther, la défense de Henri VIII. Il attaqua surtout le langage sale et ignoble de Luther. (Cochlæus p. 60.)

[a42] Page 118, ligne 12.—Les princes sont du monde...

«Rien d'étonnant si les princes ne cherchent que leur compte dans l'Évangile, et s'ils ne sont que de nouveaux ravisseurs à la chasse des anciens. Une lumière s'est levée qui nous fait voir ce que c'est que le monde; c'est le règne de Satan.» (1524.)

[a43] Page 122, ligne 2.—Nous serons toujours en sûreté en disant que ta volonté soit faite...

Le découragement commence déjà parfois à percer dans les écrits de Luther. Cette même année 1523, au mois d'août, il écrivait aux lieutenans impériaux, présens à la diète de Nuremberg. «... Il me semble aussi qu'aux termes du mandement impérial, rendu au mois de mars, je devrais être affranchi du ban et de l'excommunication jusqu'au futur concile: autrement je ne saurais comprendre ce que veut dire la remise dont il est parlé dans ce mandement; car je consens à observer les conditions sur lesquelles elle est fondée... Au reste, il n'importe. Ma vie est peu de chose. Le monde a assez de moi, et moi de lui: que je sois sous le ban ou non, cela est indifférent. Mais du moins, ayez pitié du pauvre peuple, chers seigneurs. C'est en son nom que je vous supplie de m'écouter...» Il demande qu'on n'exécute pas sévèrement le mandement impérial relatif à la punition des membres du clergé qui se marieraient ou sortiraient de leur ordre.

[a44] Page 124, ligne 2.—Essais d'organisation...

Lorsque Luther sentit la nécessité de mettre un peu d'ordre et de régularité dans l'Église nouvelle, lorsqu'il se vit appelé chaque jour à juger des causes matrimoniales, à décider sur tous les rapports de l'Église avec les laïques, il se mit à étudier le droit canon.