»On voit de semblables débats entre les Cicéroniens et les autres Latinistes. Pour moi, je ne suis ni latin, ni grammairien, encore moins cicéronien; cependant, j'approuve ceux qui aiment mieux prétendre à ce dernier nom. De même, dans la littérature sacrée, j'aimerais à être simplement mosaïque, davidique ou isaïque, s'il se pouvait, plutôt qu'un Hébreu kumique, ou semblable à tout autre rabbin.» (1537.)
«Je regrette de n'avoir pas plus de temps à donner à l'étude des poètes et des rhéteurs[a57]: j'avais acheté un Homère pour devenir Grec.» (29 mars 1523.)
«Si je devais écrire sur la dialectique, j'exprimerais tout en allemand; je rejetterais tous ces mots étrangers: propositio, syllogismus, enthymema, exemplum...
»Ceux qui introduisent de nouveaux mots, doivent aussi introduire de nouvelles choses, comme Scot avec sa réalité, son hiccité; comme les anabaptistes et les prédicateurs de troubles, avec leurs besprengung, entgrobung, gelassenheit. Qu'on se garde donc de tous ceux qui s'étudient à trouver des mots nouveaux et inusités.»
Luther citait la fable de la cour du lion, et disait, «qu'après la Bible, il ne connaissait pas de meilleur livre que les Fables d'Ésope et les écrits de Caton; de même que Donat lui semblait le meilleur grammairien. Ce n'est point un seul homme qui a fait ces fables; beaucoup de grands esprits y ont travaillé à chaque époque du monde[a58].»
Des savans.—«Avant peu d'années, on manquera entièrement de savans. On aurait beau creuser pour en déterrer, rien ne servira; on pèche trop contre Dieu.»
A un ami: «Ne te laisse pas aller à la crainte que l'Allemagne ne devienne plus barbare qu'elle ne l'a jamais été, par la chute des lettres que causerait notre théologie.» (29 mars 1523.)
CHAPITRE IV.
Drames.—Musique.—Astrologie.—Imprimerie.—Banque, etc.