«Si je meurs, les papistes verront quel adversaire ils ont eu en moi[r84]. D'autres prédicateurs n'auront pas la même mesure, la même modération. On l'a déjà éprouvé avec Münzer, avec Carlostad, Zwingli et les anabaptistes.»

«Dans la colère mon tempérament se retrempe, mon esprit s'aiguise, et toutes les tentations, tous les ennuis se dissipent. Je n'écris et ne parle jamais mieux qu'en colère[r85]

A Michel Marx. «Tu ne saurais croire combien j'aime à voir mes adversaires s'élever chaque jour davantage contre moi. Je ne suis jamais plus superbe et plus audacieux que lorsque j'apprends que je leur déplais. Docteurs, évêques, princes, que m'importe? Il est écrit: Tremuerunt gentes et populi meditati sunt inania. Adstiterunt reges terræ, et principes convenerunt in unum adversùs Deum et adversùs Christum ejus.

»J'ai un tel dédain pour ces satans, que si je n'étais retenu ici, j'irais tout droit à Rome, en haine du diable et de toutes ces furies.»

«Il faut que j'aie de la patience avec le pape, avec mes disciples, avec mes domestiques, avec Catherine de Bora, avec tout le monde, et ma vie n'est autre chose que de la patience.»

LIVRE V.


CHAPITRE PREMIER.

Mort du père de Luther, de sa fille, etc.