«On ne doit pas obéir à César s'il veut faire la guerre à notre parti. Le Turc n'attaque pas son Alcoran, l'Empereur ne doit pas davantage attaquer son Évangile.» (Cochlæus, p. 210.)
[a24] Page 22, ligne 30.—Voici mon avis...
L'Électeur avait demandé à Luther s'il serait permis de résister à l'Empereur les armes à la main. Luther répondit négativement, en ajoutant seulement: «Si cependant l'Empereur, non content d'être le maître des états des princes, allait jusqu'à exiger d'eux de persécuter, de mettre à mort, ou de chasser leurs sujets pour la cause de l'Évangile, les princes convaincus que ce serait agir contre la volonté de Dieu, devront lui refuser l'obéissance; autrement ils violeraient leur foi et se rendraient complices du crime. Il suffit qu'ils laissent faire l'Empereur, qui aura à en rendre compte, et qu'ils ne défendent pas leurs sujets contre lui.» Plus loin il dit, en parlant de la guerre civile: «Quel carnage et quelles lamentations couvriraient alors la terre allemande! Un prince devrait mieux aimer perdre trois fois ses états, ou mourir trois fois, que d'être la cause de si horribles bouleversemens, ou seulement d'y consentir. Quelle conscience pourrait le supporter! Le diable verrait cela avec plaisir; Dieu veuille nous en préserver à jamais!» (6 mars 1530.)
[a25] Page 26, ligne 8.—Que l'on m'accuse ou non d'être trop violent...
L'Électeur avait réprimandé Luther au sujet de deux écrits (Avertissement à ses chers Allemands, et Gloses sur le prétendu édit impérial) qu'il trouvait trop violens. Luther lui répondit (16 avril 1531) qu'il n'avait fait que repousser les attaques plus violentes encore de ses ennemis, et qu'il serait injuste de lui imposer silence lorsqu'on laissait tout dire à ses adversaires... «Il m'a été impossible de me taire plus long-temps dans cette affaire qui me concerne plus que tout autre. Si je gardais le silence devant une telle condamnation publique de ma doctrine, ne serait-ce pas l'abandonner, la renier? Plutôt que de le souffrir, je braverais la colère de tous les diables, celle du monde entier, sans parler de celle des conseillers impériaux.—On dit que mes deux écrits sont tranchans et bien affilés; l'on a raison: je ne les ai pas non plus faits pour être doux; le seul regret que j'aie c'est qu'ils ne soient pas plus tranchans encore. Si l'on considère la violence de mes adversaires, l'on sera forcé d'avouer que j'ai été trop bénin... Tout le monde crie contre nous; l'on vocifère les calomnies les plus odieuses; et moi, pauvre homme, j'élève la voix à mon tour, et voilà que personne n'aura crié que Luther... En somme, tout ce que nous disons et faisons est injuste, quand même nous ressusciterions les morts; tout ce qu'ils font, eux, est juste, quand même ils noieraient l'Allemagne dans les larmes et dans le sang.»
[a26] Page 26, ligne 16.—Eh bien! puisqu'ils sont incorrigibles..... je romps avec eux. ...
«Toujours jusqu'à présent (1534), particulièrement à la diète d'Augsbourg, nous avons humblement offert au pape et aux évêques de recevoir d'eux la consécration et l'autorité spirituelle, et de les aider à conserver ce droit; ils nous ont toujours repoussés. Et s'il arrive un jour, pour la consécration sacerdotale, ce qui est arrivé pour les indulgences, à qui sera la faute. J'ai offert aussi de me taire sur les indulgences si l'on voulait se taire sur ce que j'avais écrit; ils n'ont pas voulu, et aujourd'hui il n'y a plus assez de mépris par tout le monde pour les indulgences; indulgences, lettres papales, sceaux brisés gisent à terre. Ainsi disparaîtra le pouvoir de consacrer et le chrême et les tonsures, de sorte qu'on ne reconnaîtra plus où est l'évêque, où est le prêtre.» (Cochlæus, p. 245, extrait du De angulari missâ, Luth., op. lat., VII, p. 220.)
[a27] Page 28, ligne 3.—Anabaptistes.
Il y avait déjà long-temps qu'ils remuaient en Allemagne. «Nous avons ici une nouvelle espèce de prophètes, venus d'Anvers, qui prétendent que l'Esprit saint n'est autre chose que le génie et la raison naturelle. (27 mars 1525.)
»Il n'y a rien de nouveau, sinon que l'on dit que les anabaptistes augmentent et se répandent de tous côtés. (28 décembre 1527.)