«Les Écossais sont la nation la plus fière; beaucoup se sont réfugiés en Allemagne, à Erfurth et à Wurtzbourg; ils n'admettent personne comme moine dans leurs couvens. Les Écossais sont méprisés des autres nations, comme les Samaritains par les Juifs.»
«Les Anglais ont été chassés de France après leur défaite à Montlhéri, entre Paris et Orléans[10].—Ils ne laissent personne à Calais, à moins qu'il ne parle anglais dans tant d'heures.»
«La peste règne toujours en Angleterre[r215].—L'Angleterre est un morceau de l'Allemagne.—Les langues danoise et anglaise sont du saxon, c'est-à-dire du véritable allemand, tandis que la langue de l'Allemagne supérieure n'est point la vraie langue allemande.—La Souabe et la Bavière sont hospitalières; au contraire la Saxe.—Luther préfère le dialecte de la Hesse à tous les autres de l'Allemagne, parce que les Hessois accentuent les mots comme s'ils chantaient.»
Diversité des langues.—«Supériorité de l'allemande: elle fait sentir que les Allemands sont gens plus simples et plus vrais. Au contraire, c'est un proverbe: les Français écrivent autrement qu'ils ne parlent, et parlent autrement qu'ils ne pensent.—L'allemand se rapporte au grec. Le latin est sec, il n'a pas de lettres doubles.—Finesse des Saxons et bas Allemands; ils sont pires que les Italiens, quand ils adoptent les idées de l'Italie.—Les habitations et l'aspect des pays changent ordinairement dans l'espace d'un siècle. Il y a peu d'années que la Hesse, la Franconie, la Westphalie, n'étaient qu'un désert. Au contraire, autour de Halle, d'Halberstadt, et chez nous, on fait jusqu'à trois milles sans trouver rien que bruyères, tandis qu'autrefois il y avait des terres cultivées. Dieu aura ôté la fertilité au pays, pour punir les habitans.»
«Nous sommes de bons compagnons, nous autres Allemands, nous buvons, nous mangeons, nous cassons nos vitres, nous perdons en une soirée cent, mille florins ou plus, et nous oublions le Turc qui, en trente jours, peut être avec sa cavalerie légère à Wittemberg.»
«En France, chacun a son verre à table.—Les Français se préservent de l'air; s'ils suent, ils se couvrent, s'approchent du feu, se mettent au lit; sans cela ils auraient la fièvre. Deux personnes dansent à la fois, les autres regardent; au contraire en Allemagne.—Les prêtres d'Italie et de France ne savent pas même leur langue.»
«Dans mon voyage sur le Rhin, je voulus dire la messe, mais un prêtre me dit[r216]: «Vous ne le pouvez: nous suivons ici le rit ambroisien.»
»George Fœgeler, chancelier du margrave, disait que dans la Bavière il y avait plus de cent vingt-cinq cures vacantes, parce qu'on ne pouvait trouver aucun ecclésiastique[r217].
»Dans la Bohême, il y a environ trois cents cures vacantes, de même chez le duc George.
»La Thuringe avait autrefois un sol très fertile en grain, surtout autour d'Erfurt; mais maintenant elle est frappée de malédiction[r218]. Le blé y est plus cher qu'à Wittemberg. C'est ce que j'ai vu, il y a un an, lorsque j'étais à Smalkald; ils n'avaient qu'un mauvais pain noir... Ils ont de telles vendanges qu'on pourrait donner la pinte pour trois liards; si elles étaient moitié moins bonnes, ils seraient très riches; mais maintenant ils donnent le vin pour le tonneau.