[170]: «Quand Monseigneur vint près du roy, il s'inclina tout bas à cheval. Lors le print le roy entre ses bras la teste nue, et le tint longuement acolé, et Monseigneur pareillement. Après ces acolements, le roy nous salua, et quand il ot ce fait, il rembrasa Monseigneur, et Monseigneur lui, la moittié plus longuement qui n'avoient fait. Tout en riant, ils vindrent en ceste ville, et descendy à l'ostel du receveur, et devoit venir (?) à l'après dîner logier au chasteau... Messire Poncet, avecq M. le bastard sont logié au chastel.» Le dernier mot ferait croire qu'il se trouva au château sous la garde d'un de ses ennemis. (Documents Gachard.)

[171]: V. le curieux livre de M. Bernard sur cette spirituelle et intrigante famille des d'Urfé.

[172]: «In fine Augusti dicebatur scripsisse litteras ut apponerent diligentiam ad custodiendum passagia.» Adrian., Amplis., Coll. IV, 1328.

[173]: Le duc se plaignait dès lors de ce que: «Les Liégeois fesoient mine de se rebeller, à cause de deux ambassadeurs que le Roy leur avoit envoyez, pour les solliciter de ce faire... À quoy respondit Balue que lesdictz Liégeois ne l'oseroiont faire.» Commines (éd. Dupont), I, 151. Ceci ne peut être tout à fait exact. Ni le duc, ni Balue ne pouvait ignorer que les Liégeois étaient rebellés depuis un mois. Ce qui reste du passage de Commines, c'est que le duc savait parfaitement, avant de recevoir le roi, que les envoyés du roi travaillaient Liége.—Les dates et les faits nous sont donnés ici par un témoin plus grave que Commines en ce qui concerne Liége, par Humbercourt lui-même, qui était tout près, qui en faisait son unique affaire, et qui a bien voulu éclairer le moine chroniqueur Adrien sur ce que Adrien n'a pu voir lui-même: «Dominus de Humbercourt, ex cujus relatu ista scripta sunt.» Ampliss. Collectio, IV, 1338.

[174]: Deux fois il demanda une garde: «Petivit custodiam vigiliarum... Iterum misit.» Ibidem, 1334.

[175]: Jour de la Saint-Denis; ces deux entreprises hasardeuses furent risquées le même jour, peut-être pour le même motif, parce que c'était la Saint-Denis, et dans la confiance que le patron de la France les ferait réussir. On sait le fameux cri d'armes: «En avant, Montjoie Saint-Denis!» Louis XI était superstitieux, et les Liégeois fort exaltés.

[176]: Cette célérité remarquable s'explique en ce que les Liégeois firent leur coup vers minuit: la nouvelle eut pour venir à Péronne les vingt-quatre heures du 9 octobre et une partie du 10.

[177]: Lequel venait d'écorcher Charles de Melun, en avait la peau, et devait tout craindre si les amis de Melun prévalaient.

[178]: C'est toute une longue suite d'ordonnances datées du même jour (14 octobre), de concessions croissantes qu'on dirait arrachées d'heure en heure. Elles remplissent trente-sept pages in-folio. Ordon. XVII.

[179]: Le faux Amelgard, dans son désir de laver le duc de Bourgogne, avance hardiment contre Commines et Olivier, témoins oculaires, que ce fut le roi qui demanda d'aller à Liége: «Et de hoc quidem minime a Burgundionum duce rogabatur, qui etiam optare potius dicebatur, ut propriis servatis finibus de ea re non se fatigaret.» Amelgardi Excerpta, Ampliss. Coll. IV, 757.