[227]: Le roi, dans son inquiétude, avait voué une ville d'argent. Il écrit qu'il ne mangera pas de chair que son vœu ne soit accompli. (Duclos.) Commines qui était au siége, mais parmi les assiégeants, ne sait rien de cet héroïsme populaire. Il n'est guère constaté que par les priviléges accordés à la ville et à l'héroïne. Ordonnances, XVII, 529.

[228]: Mort le 20 mars 1474. Ce puissant écrivain commence la langue imagée, laborieuse, tourmentée du XVIe siècle, langue souvent ridicule dans l'imitateur Molinet. Chastellain fut reconnu, de son vivant, pour le maître du style; on mettait sous son nom tout ce qu'on voulait faire lire. Cependant, chose bizarre, sa destinée fut celle de Charles le Téméraire; l'œuvre disparut avec le héros, morcelée, dispersée, enterrée dans les bibliothèques. MM. Buchon, Lacroix et Jules Quicherat en ont exhumé les lambeaux.

L'autre Bourguignon, Jean de Vaurin, me manquera aussi désormais; il s'arrête au moment où le rétablissement d'Édouard porte au comble la puissance du duc de Bourgogne. La dernière page de Vaurin est un remerciement d'Édouard à la ville de Bruges (29 mai 1471).

[229]: Documents Gachard, I, 222. Commines fait aussi, par trois fois, cette observation.

[230]: Depuis qu'il avait été leur prisonnier, il les haïssait. Quand ils firent amende honorable, le 15 janvier 1469, il les fit attendre «en la nege plus d'une heure et demi.» Documents Gachard, I, 204.

[231]: C'est une improvisation violente, à la Bonaparte. Le scribe de la ville d'Ypres doit l'avoir écrite au moment même où elle fut prononcée; on l'a retrouvée dans les Registres de cette ville.

[232]: Chastellain même, son chroniqueur d'office, et dans une chronique qui peut-être passait sous ses yeux, s'en plaint avec une noble douleur.—Les instructions du roi à ses ambassadeurs étaient bien combinées pour produire cet effet. Elles contiennent une énumération de tous les bienfaits de la France envers les ducs de Bourgogne; une telle accusation d'ingratitude prononcée dans cette occasion solennelle devant tous les serviteurs du duc, pouvait les refroidir à son égard, ou même les détacher de lui. Bibl. royale, mss. Baluze, 165, 17 mai, et dans les papiers Legrand, carton de l'année 1470. Ces papiers contiennent un autre pamphlet, fort hypocrite, sous forme de lettre au roi, contre le duc, qui «dimanche dernier... a prist l'ordre de la Jarretière: Hélas! s'il eust bien recogneu et pansé à ce que tant vous humiliastes que, à l'instar de Jésus-Christ qui se humilia envers ses disciples, vous qui estes son seigneur, allastes à Péronne à luy, il ne l'eust pas fait, et croy que (soulz correction) dame vertu de Sapience lui deffault...» Bibl. royale, mss. Gaignières, no 2895 (communiqué par M. J. Quicherat).

[233]: Archives générales de Belgique, Brabant, I, fol. 108, mandement pour contraindre les officiers de justice et de finance à rendre compte annuellement, 7 déc. 1470.

[234]: Cette ordonnance innove peu; elle régularise. Elle laisse subsister la mauvaise organisation par lances, chacune de cinq ou six hommes, dont deux au moins étaient inutiles; les Anglais, dans leur expédition de 1475 en France, supprimèrent déjà le plus inutile, le page.—L'ordonnance exige des écritures, difficiles à obtenir des gens de guerre: «le capitaine doit porter toujours un rolet sur lui... en son chapeau ou ailleurs.» Ni jeu, ni jurement. Trente femmes seulement par compagnie (il y en eut 1,500 au siége de Neuss, quelques mille à Granson).—Les ordonnances de 1468 et 1471 sont imprimées dans les Mémoires pour l'histoire de Bourgogne (no 1729, p. 283; celle de 1473 se trouve dans le Schweitzerische Geschichtforscher (1817), II, 425-463, et dans Gollut, 846-866).

[235]: Amelgard.