[27]: Hemricourt, Patron de la temporalité, cité par Villenfagne. Recherches (1817), p. 54.
[28]: On sait le proverbe sur Liége: Le paradis des prêtres, l'enfer des femmes (elles y travaillent rudement), le purgatoire des hommes (les femmes y sont maîtresses).—Plusieurs passages des chroniques de Liége et des Ardennes témoignent du génie viril des femmes de ce pays, entre autres la terrible défense de la tour de Crèvecœur. Galliot, Hist. de Namur, III, 272.—«Près Treit, aucunes femmes Liégeoises vindrent en habits d'homme, avec les armes, et firent au pays si grandes thirannies qu'elles surmontoient les hommes en excès.» Bibl. de Liége, ms. 180, Jean de Stavelot, fol. 159.
[29]: C'est ce qui arriva au chevalier Radus. Au retour d'un voyage qu'il avait fait avec l'évêque de Liége, il chercha son château des yeux, et ne le trouva plus: «Par ma foi! s'écria-t-il, sire évêque, ne sais si je rêve ou si je veille, mais j'avois accoutumance de voir d'ici ma maison sylvestre, et ne l'aperçois point aujourd'hui.—Or, ne vous courroucez, mon bon Radus, répliqua doucement l'évêque; de votre château, j'ai fait faire un moustier; mais vous n'y perdrez rien.—Jean d'Outre-Meuse, cité par M. Polain, dans ses Récits historiques.—Voir aussi dans le même ouvrage comment ce brave évêque, venant baptiser l'enfant du sire de Chêvremont, fit entrer ses hommes d'armes couverts de chapes et de surplis, s'empara de la place, etc.—«Les Dinantais entre eux divisés à l'occasion de Saint-Jean de Vallé, chevalier, duquel ils furent contraints de destruire la thour et chasteaux.» Bibl. de Liége, ms. 183, Jean de Stavelot, ann. 1464.
[30]: Maëstricht était sous la souveraineté indivise de l'évêque de Liége et du duc de Brabant, comme il résulte de la vieille formule:
Een heer, geen heer (un seigneur, point de seigneur),
Twen heeren, een heer (deux seigneurs, un seigneur).
Trajectum neutri domino, sed paret utrique.
V. Polain, De la Souveraineté indivise, etc., 1831; et Lavalleye, extrait d'un mém. de Louvrex sur ce sujet, à la suite du tome III de l'Histoire du Limbourg, de Ernst.
[31]: Les chevaliers leur faisaient faute en paix plus encore qu'en guerre. S'agissait-il d'envoyer une ambassade à un prince, ils ne savaient souvent qui employer. Louis XI les priant de lui envoyer des ambassadeurs avec qui il pût s'entendre, ils répondent qu'ils ont peu de noblesse du parti de la cité, et que ce peu de nobles est occupé à Liége dans les emplois publics. Bibl. royale, mss. Baluze, 165, 1er août 1467.
[32]: Dans les deux poèmes de la Bataille de Liége, et les Sentences de Liége, ils sont nommés hé-drois. Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bourgogne, I, 375-376. Les chefs des haï-droits sous Jean de Bavière sont: un écuyer, un boucher qui avait été bourgmestre, un licencié en droit civil et canonique, un paveur à la chaux. Zantfliet, ap. Martène, Ampliss. Collect., V, 363. Au reste, les ennemis du droit strict trouvaient de quoi s'appuyer dans la loi même, puisque la Paix de Fexhe (1316) portait que les Liégeois devaient être traités par jugement d'échevins ou d'hommes, et que le changement dans les lois qui peuvent être ou trop larges, ou trop roides, ou trop étroites, doit être attempéré par le sens du pays. Dewez, Droit public, t. V des Mém. de l'Acad. de Bruxelles.
[33]: Il semblerait, d'après les devises, que la guerre de Louis d'Orléans et de Jean sans Peur peut se rattacher à la concurrence du charbon de bois et de la houille, du Luxembourg et des Pays-Bas: Monseigneur d'Orléans, Je suis mareschal de grant renommée, Il en appert bien, j'ay forge levée: Monseigneur de Bourgogne, Je suis charbonnier d'étrange contrée, J'ai assez charbon pour faire fumée. Bibl. royale, mss. Colbert 2403, regius 9681-5.
Les tisserands du Liégeois n'étaient pas moins anciens que ceux de Louvain. La chronique de Saint-Trond nous montre des tisserands en 1133, à Saint-Trond, à Tongres, etc.»Est genus mercenariorum quorum officium ex lino et lana tecere telas; hoc procax et superbum supra alios mercenarios vulgo reputatur.» Spicilegium, II, 704 (éd. in-folio).