De sorte que ce grand homme a réussi, même selon le monde. Par sa mort triomphante, il gagna plus qu'il ne voulait.

Voilà la pensée de ce livre. Et plût au ciel qu'elle nous eût profité aussi à nous, que ces grands cœurs, si riches, nous eussent donné quelque peu d'un tel souffle, et mis dans notre aridité un rien de leurs torrents!

Que si notre temps, si loin de ce temps, et si peu préparé à retrouver l'image de ces grandeurs morales, s'en prenait à l'histoire, l'histoire lui répondrait ce que le jeune d'Aubigné dit un jour dans le Louvre à Catherine de Médicis, qui le voyait debout et si peu plié devant elle: «Tu ressembles à ton père!...

—Dieu m'en fasse la grâce!»

1er mars 1856.

Dans le prochain volume, qui me ramène aux lettres et aux sciences et ferme le XVIe siècle, on trouvera une Critique générale des sources historiques, de ce grand siècle si fécond, mais si trouble. Une partie des notes que je donnerais aujourd'hui reviendrait dans cette Critique. Je les ajourne jusque-là.

Qu'il me suffise ici d'indiquer les principales sources manuscrites où j'ai puisé, et qui m'ont donné spécialement les causes et précédents, très-peu connus, de la Saint-Barthélemy: Lettres de Morillon à Granvelle (c'est, jour par jour, l'histoire du duc d'Albe, celle des rapports de Bruxelles et de Paris).—Lettres inédites de Catherine de Médicis.Extraits des lettres de Pie V, Charles IX, etc., tirés des archives du Vatican (en 1810), etc.

HISTOIRE DE FRANCE
AU XVIe SIÈCLE

CHAPITRE PREMIER
HENRI II—LA COUR ET LA FRANCE—AFFAIRE DE JARNAC
1547

Plus ferme foy jamais ne fut jurée
À nouveau prince (ô ma seule princesse!)
Que mon amour, qui vous sera sans cesse
Contre le temps et la mort assurée.
De fosse creuse ou de tour bien murée
N'a pas besoin de ma foy la fort'resse,
Dont je vous fis dame, reine et maîtresse,
Parce qu'elle est d'éternelle durée!