Le mouvement, c'était tout l'homme, et de maîtresse en maîtresse et de combat en combat. On lui attribue follement de longues pièces, ouvrages laborieux, éloquents, de Forget ou de Mornay. Il n'avait pas la patience, ni l'haleine; il n'écrivait que quelques lignes (hors de rares occasions), un ordre à quelque capitaine, un rendez-vous, un mot d'amour.
Résumons:
Premièrement, c'était un mâle, et, disons mieux, un satyre, comme l'accuse son profil.
Deuxièmement, un Français, fort analogue à son grand-oncle, un François Ier, mais plus familier, jasant volontiers avec toute sorte de gens.
Troisièmement, c'était un Gascon, avec la pointe et la saillie que cette race ajoute au Français. Il avait extrêmement le goût du terroir, et dégasconna lentement. Ce qu'il en garda le mieux, ce fut la plaisanterie, la sobriété et la ladrerie, trouvant mille pointes amusantes qui dispensaient de payer.
On dit qu'enfant il avait eu huit nourrices et bu huit laits différents. Ce fut l'image de sa vie, mêlée de tant d'influences.
Coligny et Catherine de Médicis furent deux de ses nourrices. Malheureusement il profita bien peu du premier, infiniment de la seconde.
Il n'en prit pas la froide cruauté, mais l'indifférence à tout.
Ce qui trompait le plus en lui, c'était sa sensibilité très-réelle et point jouée, facile, toute de nature. Il avait des yeux très-vifs, mais bons, à chaque instant moites; une singulière facilité de larmes. Il pleurait d'amour, pleurait d'amitié, pleurait de pitié, et n'en était pas plus sûr.
N'importe. Il y avait en lui un charme de bonté extérieure qui le faisait aimer beaucoup. Son précepteur en rapporte une anecdote admirable (peut-être un conte d'Henri IV), mais si bien contée, que je ne puis pas m'empêcher de la reproduire.