Petite victoire pour la Ligue. Les États n'avaient nullement des dispositions belliqueuses. La reine mère se moquait du fervent catholique Nevers, qui partout prêchait la croisade. «Eh! mon cousin, disait-elle, voulez-vous donc nous mener à Constantinople?»

Cependant la guerre avait éclaté. Les protestants alarmés avaient refusé de reconnaître une assemblée élue sous la main de la Ligue, assemblée bizarre, informe, où l'on avait mis cinq provinces (Maine, Anjou, Touraine, Anjou, et l'immensité du Poitou) sous un seul gouvernement, avec un seul vote, celui de l'Orléanais!

L'Assemblée fut mortifiée d'apprendre qu'elle avait la guerre, que plusieurs places étaient surprises. Au roi qui sollicitait des moyens de la soutenir, elle accorda, pour tout secours, une députation pacifique qui irait demander aux huguenots «pourquoi ils n'étaient pas aux États généraux.»

La noblesse veut bien combattre, et encore si on la solde.

Le clergé refuse l'argent, vote des troupes (qu'eût commandées Guise).

Le Tiers État n'a de pouvoir pour rien faire, ni rien voter.

Pas un sou. Le roi furieux! L'attrapeur était attrapé.

«Quoi! dit-il, n'ai-je pas brigué les trois États, qui d'abord paraissaient si lents, pour les pousser à demander qu'il n'y eût qu'une religion?... Voilà la guerre!... Et nul moyen!...» Il signa pourtant la Ligue et la fit signer à son frère, dans l'espoir qu'on lui permettrait de se faire chef du mouvement. Mais déjà il était trop clair que la Ligue ne voudrait d'autres généraux que les Guises.

Il sollicita du moins l'autorisation de vendre du domaine. Refusé. «Voilà, dit-il, une énorme cruauté; ils ne me veulent aider du leur, ni me laisser aider du mien.» Alors il se mit à pleurer.

Le clergé disait à cela: «Nous avons demandé l'abolition de l'hérésie, non la guerre.» Plaisanterie un peu forte. Au fond, c'était la même chose.