Le roi fit ce voyage en mars, et partit de Dijon le 2 avril, pour revenir. Ce fut en mars que la reine avorta.

Richelieu avait eu la complaisance de laisser revenir près d'elle la Chevreuse, qui promettait de le servir désormais.

Monsieur en plaisanta. Il dit dans son exil «qu'on avait fait revenir la Chevreuse pour donner plus de moyens à la reine de faire un enfant.» (Journal de Richelieu, Arch. cur., t. V, p. 71.)

On lit dans le même journal, p. 41, cette note curieuse:

«Madame Bellier a dit au sieur Cardinal, en grandissime secret, comme la reine avoit été grosse dernièrement, qu'elle s'étoit blessée, que la cause de cet accident était un emplâtre qu'on lui avoit donnée, pensant faire bien. Depuis, Patrocle (écuyer de la reine) m'en a dit autant, et le médecin ensuite.»

Le roi ignora-t-il cette grossesse? Et Richelieu fût-il tellement magnanime pour sa belle ennemie, jusqu'à la couvrir de son silence?

Je ne l'imagine pas.

Je crois plutôt qu'il laissa ce triste secret arriver au roi, pensant ne pouvoir s'affermir sur une meilleure base que sur le mépris de la reine.

Ce qui est sûr, c'est qu'Anne d'Autriche avorta en mars, et que Richelieu, définitivement vainqueur et maître, osa, au mois d'avril, clore et signer son traité avec Gustave, dressé dès le mois de janvier.[Retour à la Table des Matières]

CHAPITRE VI