L'autre complot pour perdre Madame eut pour agent le scélérat de Vardes. Il voyait sur la tête planer la foudre. Il agit en cadence avec la grande cabale. Il trompa Guiche encore et le fit écrire à Madame, mais écrire chez lui, Vardes, qui remettrait la lettre. Il la porta tout droit au roi, la lui montra, lui dit que Madame le trahissait. Puis, se chargeant du rôle du tentateur Satan, il porta la lettre à Madame. Elle vit heureusement le piége et refusa la lettre. Alors il se mit à pleurer, se roula à ses pieds, fit des serments terribles de sa sincérité, pleurant à chaudes larmes de ce qu'elle refusait de se mettre la corde au cou.
Sa rage fut telle qu'il ne put la contenir. Un mignon de Monsieur, le chevalier de Lorraine, faisait la cour à une fille de Madame; Vardes lui dit ce mot cynique: «Pourquoi tant courir la servante? Allez plus haut, à la maîtresse. Cela sera bien plus aisé.»
Un tel mot, d'un tel homme, avait grande portée. L'affront, enduré de Madame, l'eût avilie, et auprès du roi même.
Le maître qui se croyait si maître, dépendait fort pourtant du ridicule, s'éloignait des moqués.
Si Madame, cette fois, n'agissait, ils prenaient un ascendant définitif; «ils allaient être sur le trône.» (La Fayette.)
Mais voudrait-elle agir? Elle avait jusque-là épargné ses ennemis, souffert et abrité la Vallière, leur pauvre instrument.
Elle avait si peu de fiel qu'on pouvait croire que, comme son grand-père Henri IV, elle ne sentait ni le bien ni le mal.
Elle agit cependant.
Elle obtint que le roi vînt chez elle à Villers-Cotterets. Elle y fit venir Molière, qui, pour la seconde fois, joua Tartufe.
La cabale de la cour, qui était chez Madame avec le roi, forcée de subir son triomphe, avertit l'autre, la cabale dévote, qui fit une chose désespérée. On employa la reine mère, fort malade à Paris.