Ce que j'ai dit de l'horreur que Montesquieu dut avoir pour la barbarie des Parlements serait bien plus vraisemblable encore, s'il était vrai qu'en 1718 un sorcier eût été brûlé à Bordeaux. M. Soldan et autres l'ont dit; je l'ai répété d'après eux dans la Sorcière. Cependant, les recherches que MM. les archivistes et MM. Delpit et Jonain ont faites pour moi, n'ont eu aucun résultat.—J'ai cherché aussi inutilement, à la Bibliothèque impériale, les précieux mémoires de Marie Petit (V. l'article de M. Audiffret, Biographie Michaud), et je n'y ai trouvé que les détestables rapports de Michel, domestique de Fabre, et agent des Jésuites, qui persécuta cette femme intrépide, la fit enfermer. C'est un tissu de contradictions qui se réfute lui-même. Ce débat fut très-scandaleux. Il avertit fortement l'opinion, la tourna vers la Perse, à la fin de Louis XIV, à l'époque où probablement le jeune légiste de Bordeaux commença à s'informer, à recueillir les notes, d'où (dix années plus tard) sortirent les Lettres persanes.[Retour au texte principal.]
Note NT-1: Page 85: Dans la présente édition du "Project Gutenberg" la date de 1717 a été substituée à celle de l'édition originale (1617) incompatible avec les évènements décrits.[Retour au texte principal.]
Note NT-2: Dans ce chapitre XVIII qui a trait à l'année 1721, Michelet fait référence à Antoine Crozat, marquis du Chatel (1655-1738), né à Toulouse, financier et constructeur du canal de Crozat qui fait communiquer l'Oise à la Somme (25 km) et à Samuel Bernard, (1651-1739), né à Sancerre, financier qui prêta des sommes considérables à Louis XIV. Le nom de Louis XVI mentionné ici par Michelet (dans l'édition de A. Lacroix, 1877) est donc incompatible avec l'époque où ont vécu Crozat et Samuel Bernard. C'est pourquoi dans la présente édition du "Project Gutenberg" le nom de Louis XVI a été remplacé par celui de Louis XIV.[Retour au texte principal.]